Il fait chaud, très chaud, en ce moment en Guyane.

Nous sommes dans la grande saison sèche au moins jusqu'au 15 décembre...pas envie de manger et encore moins de cuisiner.

Je fais du tri dans mes photos et mes documents et j'ai pensé vous faire partager quelques moments forts de nos voyages.

A Buenos Aires, tous les jeudis vers 15h30 on peut assister à un drôle de défilé sur la Plaza de Mayo.

Des femmes âgées, portant sur  la tête un foulard blanc avec brodé au point de croix un nom et une date.   Buenos_Aires_039

Ces femmes tournent autour de l’obélisque de la Placede Mai, en face de la Casa Rosada , siège du gouvernement, pour demander justice pour la disparition de leurs enfants durant les années sombres de la dictature militaire de 1976 à 1983.

Buenos_Aires_021

Elles tournent ainsi depuis le début des enlèvements. On les connaît aussi sous le nom des

« Folles de Mai ». En effet un journaliste ayant demandé qui elles étaient à un militaire, il lui aurait répondu « ce n’est rien, ce sont des folles » !!!.....  Buenos_Aires_026

Elles ne sont pas (plus) tristes, mais j’ai trouvé leur regard dur et grave. Elles tournent autour de la place plusieurs fois avant de tenir un petit stand de vente de Tee shirt, de cartes, de stylo…pour faire vivre leur association.

J’ai pu discuter avec elles, qui ont perdu leurs enfants ou petits enfants. Buenos_Aires_032

Elles m’ont raconté comment les jeunes filles et garçons ont été enlevés pour ne jamais revenir. Ce sont 30 000 personnes qui ont disparu pendant la dictature militaire enlevés, séquestrés, torturés et assassinés.

Elles m’ont expliqué aussi, comment nombre de bébés ont été enlevés pour être confiés à des familles d’adoption proches des militaires.

Certaines grands-mères retrouvent leurs petits enfants qui découvrent la vérité sur leur enlèvement. Ils comprennent alors que leurs parents adoptifs ont fait enlever et tuer leurs vrais parents. On imagine aisément les drames humains.

En 2005, par son  intervention, la cour suprême d’Argentine, a confirmé l’abolition des lois d’amnistie décidées en 2003 qui protégeaient les militaires responsables des répressions commises sous la dictature (76/83). Ceux-ci  pourront désormais être jugés pour terrorisme d’Etat.

C’est ainsi que s’est ouvert début juillet 2006 le premier procès à l’encontre d’un ancien directeur de la police de Buenos Aires, Miguel Etchecolatz, 77 ans. Il était le bras droit de Ramon Camps considéré comme l’un des plus grands tortionnaire de la dictature, aujourd’hui décédé.

Nora Cortinas, la présidente de l’association Mères de la Place de Mai, déclare : « Ce procès prouve que la mobilisation  populaire atteint ses buts »

Buenos_Aires_035

L’actuel président, Nestor Kirchner (péroniste, d’origine suisse allemande)  semble enfin  avoir entendu ces femmes.